Une Autre Voix Juive
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L’Expulsion du député Ayman Odeh en échec!

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Publication : 22 Juillet 2025

Une Victoire démocratique appelant la plus grande vigilance 

Grande figure de la gauche et du mouvement pacifiste israélien, membre éminent de la Knesset, Ayman Odeh est aujourd’hui menacé d’éviction de la Knesset par le clan fascisant au pouvoir en Israël.

Né en 1975 à Haïfa, Ayman Odeh dit de lui-même avoir «dépassé les limites religieuses et ethniques». Il parle 4 langues dont l’arabe et l’hébreu .

Ayman Odeh adhère au Parti MAKI (Communiste d’Israël) et représente le Hadash, liste judéo-arabe intégrant le Maki, au Conseil municipal de Haïfa entre 1998 et 2005. Il devient Secrétaire Général du Maki en 2006.

A l’initiative de la «Liste Unique» rassemblant le Hadash et 3 formations arabes, Ayman Odeh mène campagne en 2015 sur le thème «Un combat commun pour un avenir commun». La Liste dont il est la tête emporte plus de 10% des suffrages, 13 sièges à la Knesset. Compte tenu du climat d’hystérie suprémaciste, colonialiste, et d’extrême droite, c'est un résultat spectaculaire.

Tel est le parlementaire qui aujourd’hui se trouve accusé par la clique au pouvoir à Tel-Aviv, dirigée par un criminel de guerre aux termes de la Cour Internationale de Justice.

On lui reproche d'avoir dit «Je suis soulagé de voir les otages [israéliens] et les prisonniers [palestiniens] libérés. Nous devrons ensuite libérer nos deux peuples [israélien et palestinien] du joug de l’occupation. Nous sommes tous nés pour être libres». Tel est le prétexte pour menacer Ayman Odeh de destitution, ce qui ouvre la voie à l’exécution des menaces de mort qui lui sont adressées et à l'expulsion de tous les députés arabes de la Knesset. Il s’agit évidemment du symbole même d’une vague de répression visant le mouvement de la paix israélien dont il est une figure centrale.

Sont ainsi bafoués, une fois de plus, les principes fondateurs même de l’État d’Israël. Contenus dans sa Déclaration d’Indépendance, ils lui avaient permis de devenir membre de l’ONU; déclaration piétinée quotidiennement par l’occupation et les discriminations dont souffrent les citoyens et citoyennes israéliens d’origine arabe palestinienne.

Cette tentative révoltante, d’inspiration fascisante vient d’échouer: la motion d'exclusion n'a recueilli que 70 voix. Il en fallait réunir 90 pour qu'elle s'applique.

Ce succès démocratique appelle d’une part la plus grande vigilance de l’opinion progressiste mondiale; d’autre part il souligne l’importance du soutien des progressistes de notre pays aux forces de paix en Israël au lieu de les ignorer ou de les mépriser comme c’est trop souvent le cas. 

Il faut placer Ayman Odeh sous la protection de l’opinion publique qui recherche avidement les conditions d’une paix Juste et Durable au Proche -Orient.

Nous demandons instamment aux instances les plus hautes de la République française de placer le parlementaire Ayman Odeh sous sa protection: il est impensable de défendre à Paris la solution des 2 Etats au Proche Orient et tolérer le contraire à Tel Aviv!

Nous demandons instamment aux plus hautes instances de l’Union Européenne d’intervenir auprès de l’État d’Israël pour que ce scandale cesse: il est impensable de défendre les droits humains fondamentaux à Bruxelles et de les laisser bafouer à Tel Aviv, capitale d’un État lié par le traité d'Association à l’Union Européenne et par le respect de ses engagements.

Contribution du PCF au CNPJDPI: "Tout la charte et rien que la charte"

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Publication : 27 Juin 2025

Une Autre Voix Juive, qui participe au CNPJDPI depuis sa création, tient à partager cette contribution du PCF à ce collectif dont il est également fondateur.  Cette contribution rejoint largement les préoccupations récentes exprimées par UAVJ au sein du collectif et le souci de le relancer dans une dynamique de large rassemblement :

Contribution du PCF à la réunion du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens – 21 juin 2025

"Tout la charte et rien que la charte"

Le collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens a été créé il y a 25 ans à l’initiative d’un certain nombre de forces politiques, syndicales et associatives, dont le PCF. Sa cohérence initiale repose sur une charte en six points :

  • Pour le retrait immédiat des troupes israéliennes des Territoires occupés.
  • Pour l’envoi immédiat d’une force internationale de protection du peuple palestinien.
  • Pour la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.
  • Pour les droits nationaux du peuple palestinien et l’application des résolutions des Nations unies.
  • Pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, dans des États aux frontières sûres et reconnues.
  • Contre toutes les violences racistes en France, notamment celles qui visent des Juifs et des Arabes.

Longtemps, cette base politique a assuré la représentativité du collectif. Elle a permis de développer la solidarité avec le peuple palestinien en lutte pour la réalisation de ses droits nationaux, pour une paix juste entre Palestiniens et Israéliens, sur la base d’une solution politique à deux États. Elle visait à combattre sans ambiguïté l’essentialisation du conflit, son dévoiement ethnique ou religieux, son instrumentalisation par des courants racistes et antisémites. Ce qui avait permis au collectif d’être une force de mobilisation unitaire incontournable dans le pays, et d’être un interlocuteur reconnu du Quai d’Orsay sur la position de la France dans le conflit.  On peut mentionner les rassemblements de 2014 qui étaient beaucoup plus larges et nombreux alors qu’ils ont eu lieu en plein mois d'aout !

C’est parce qu’il adhérait entièrement à cette démarche, fruit d’un échange franc et loyal entre les organisations partie prenante du collectif à l’origine, que le PCF a, des années durant, été l’une des composantes les plus actives du collectif en vue de faire avancer une solution politique de paix et de justice au Proche-Orient.

Malheureusement, nous constatons depuis plusieurs années une dérive du positionnement politique et du fonctionnement du collectif national. Celle-ci s’est même accentuée au cours de la dernière période. Sans que cela n’ait jamais fait l’objet d’un débat franc, la charte fondatrice a été bafouée dès lors qu’ont pratiquement disparu des déclarations publiques l’objectif d’une solution à deux États, et par la suite, et pour un temps, celui de la reconnaissance immédiate de l’État de Palestine par la France. Cet état de fait, qui aboutit à faire disparaître la revendication centrale du mouvement national palestinien, et de sa représentation légitime, l’OLP, a conduit à la marginalisation du collectif national et à la division des forces progressistes. Plus généralement, alors que l’urgence exigeait de rassembler le plusContribution du PCF à la réunion du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens – 21 juin 2025 largement, ce comportement inacceptable a abouti à l’affaiblissement de la solidarité avec le peuple palestinien. Les appels à l’exclusion de certaines des composantes du collectif qui demandaient le respect de la charte ont lourdement aggravé cette dérive et rendu un peu plus opaque le processus de décision au sein d’une structure qui, il y a 25 ans, avait fait de son pluralisme la condition de son efficacité. C’est ce qui a amené le PCF à être dans l’impossibilité de signer les appels du collectif national durant plusieurs mois.

À l’heure où un génocide est en cours à Gaza, où la politique d’épuration ethnique s’accélère dans les territoires occupés de Cisjordanie et de Jérusalem-Est (où des politiques d'apartheid sont mises en place), où c’est l’existence même du peuple palestinien qui est en jeu, où le gouvernement israélien est en train de plonger l’ensemble de la région dans le chaos, l’urgence est de développer le plus large front d’action. Elle est à exiger avec plus de force que jamais l’application du droit international et des résolutions des Nations unies sans exception. Elle est à faire monter l’exigence d’une solution politique à un conflit politique, de la paix entre Palestiniens et Israéliens, de la sécurité collective et pour l’ensemble des peuples de la région. C’est à cela que nous demandons que s’attelle le collectif national en renouant avec l’esprit rassembleur qui avait présidé à sa création.

L’exigence d’un État palestinien sur la base de la solution à deux États est, dans ce cadre, centrale. L’histoire a fait que deux peuples vivent aujourd’hui sur la même terre. Chercher à remettre en cause cette réalité revient à tourner le dos à l’indispensable bataille pour une paix dans la justice au profit d’une guerre sans fin dont le peuple palestinien, mais aussi le peuple israélien, seront les victimes désignées. Chacun a le droit, bien sûr, de défendre un autre point de vue, non celui d’imposer à toutes les organisations une orientation contestant dans la pratique la solution à deux États. Laisser entendre, fût-ce implicitement, qu’un État « de la mer au Jourdain » sur l’ensemble de la Palestine mandataire serait devenu la seule perspective possible est non seulement contestable mais profondément dangereux dans la mesure où cette perspective aboutirait à la disparition d’un des deux peuples concernés, et certainement pas à la paix.

Nous ne saurions l’accepter. Ce 4 juin d’ailleurs, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), seule représentante légitime du peuple palestinien, et le Parti communiste français viennent d’organiser à Paris une grande conférence internationale en faveur de la reconnaissance des droits du peuple palestinien. Après avoir entendu les communications de personnalités et d’élus français comme internationaux, de représentants d’organisations non gouvernementales, d’associations, de syndicats, de formations politiques, cette conférence a lancé un appel à la formation d’une alliance mondiale pour faire avancer la reconnaissance de l’État de Palestine dans le cadre de la solution à deux États, l’arrêt de la colonisation des territoires palestiniens occupés, des sanctions contre le pouvoir israélien tant qu’il bafouera le droit international, la libération des otages détenus par le Hamas et des prisonniers politiques palestiniens, l’application du droit international s’agissant du droit au retour.

Telle est également la position des communistes de la région. Elle a été réaffirmée solennellement dans la déclaration commune du Parti communiste israélien et du Parti du peuple palestinien, publiée à l’issue de la rencontre des directions des deux partis qui s’est tenue à Ramallah en juillet dernier.

Voilà le chemin qui, selon nous, permettrait de revitaliser les mobilisations citoyennes de solidarité et de redonner au collectif l’élan qu’il a largement perdu en s’abîmant dans des querelles minorisantes. En résumé, pour le PCF, la base de l’unité et de l’action du collectif est la charte dont il s’est doté. Le collectif se doit d’être toujours respectueux du pluralisme des opinions en son sein, mais rassembler celles-ci exige une base politique commune permettant la convergence dans l’action et des relations de confiance entre tous les partenaires. La remise en cause de ces principes n’est donc pas acceptable, car elle ne peut mener qu’à des divisions et à des ruptures. C’est ce pourquoi nous avons demandé une vérification politique sur l’adhésion ou non de chacun des membres du collectif à la charte et aux mêmes règles consensuelles.

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