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Olivier Gebuhrer, animateur d’Une autre voix juive, a publié dans l'Humanité la tribune : « Rejetez le projet de loi Yadan ! »
Le hasard fait que le premier projet de loi Yadan visant la substitution de « l’antisionisme » à l’antisémitisme ayant subi une levée de boucliers justifiée, l’auteure de ce projet inique revient à la charge en même temps qu’une Loi d’exception visant les seuls Palestiniens, qu’ils soient ou non citoyens d’Israël vient d’être adoptée par la Knesset. Cette loi ignoble collant une cible sur toute et tout Palestinien, y compris les enfants vise entre autres à légitimer a posteriori les massacres et les assassinats qui se déroulent quotidiennement dans les Territoires de Palestine occupée avec la complicité, voire la participation directe des forces armées Israéliennes, après les tueries de masse ayant frappé indistinctement la population de Gaza.
L’inspiration de la Loi israélienne vient des ministres et groupes parlementaires les plus fascisants d’Israël. Ses inspirateurs osent en célébrer l’adoption en sabrant le champagne et en comparant chaque futur condamné à mort à Hitler.
La politique israélienne avait année après année saccagé, piétiné, bafoué la Déclaration d’Indépendance qui faisait d’Israël un Etat-Membre de l’ONU et engageait celui-ci à respecter et appliquer les résolutions qui en provenaient. La nouvelle loi, après celle, à la fois inepte et préoccupante sur « l’État-nation du peuple juif » va beaucoup plus loin en déchirant le peu qui demeurait des institutions démocratiques ; c’est un pas de plus vers une forme de fascisation.
Et c’est dans ce contexte, qu’à la suite d’une demande d’une députée française et d’un dîner au CRIF, qui depuis des lustres n’est que l’expression et l’écho de la politique israélienne, le Premier Ministre de la France a cru devoir saisir l’Assemblée nationale sans voir qu’il en découle l’opprobre pour notre pays. Il ne s’agit pas seulement de mépriser, voire d’insulter nos compatriotes qui, en se déclarant comme Juifs n’entendent pas que l’État d’Israël puisse prétendre les représenter, encore moins aujourd’hui que jamais, il ne s’agit pas seulement de refuser cette représentation au CRIF.
Le projet de loi Yadan introduit la notion d’« intention implicite » pour en faire un délit passible de poursuites, ce qui, pour notre pays, n’institue rien d’autre qu’un État d’exception dont la parenté intellectuelle n’a rien à envier aux inspirateurs israéliens.
Rappelons-le une fois encore. L’antisémitisme désigne un délit parfaitement identifiable ; il s’agit de désigner à toute forme de vindicte, de disséminer la haine vis-à-vis d’un être humain reconnu comme Juif à raison du fait qu’il est reconnu comme tel. Un tel délit criminogène qu’on n’a pas fini de combattre, qui n’est pas en France résiduel ne saurait sous aucun motif être comparé voire supplanté comme l’entendrait l’autrice du projet par « l’antisionisme » qui constitue une opinion multifacettes et qui aujourd’hui signifie surtout le rejet horrifié de la politique israélienne actuelle.
Ari Shavit, auteur israélien sioniste écrivait dans Ma Terre Promise voilà des années : « J’ai repoussé avec horreur la comparaison infamante mais le problème est qu’il n’y a pas assez de différences »… Voilà le coupable rêvé sous l’angle de la loi Yadan.
Les parlementaires français qui fermeraient leurs yeux sur un tel scandale et qui contribueraient à son adoption souilleraient à nouveau de façon indélébile le drapeau et les valeurs de notre République.
https://www.humanite.fr/en-debat/antisemitisme/olivier-gebuhrer-animateur-dune-autre-voix-juive-rejetez-le-projet-de-loi-yadan
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Pascal Lederer, infatigable animateur d'Une Autre Voix Juive, est décédé le 5 décembre.
On pourra lui adresser un dernier salut avant la mise en bière, vendredi 12 décembre de 14h30 à 15h à la chambre funéraire de l'Hôpital St Louis (18 rue de la Grange aux Belles, Paris 10ème, M° Colonel Fabien)
Et la cérémonie proprement dite aura lieu samedi 13 décembre à 9h au crématorium du Père Lachaise (55 rue des Rondeaux, Paris 20ème, M° Gambetta.)
Ni fleurs ni couronnes.
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Pour la Palestine : révoltons-nous !
UAVJ s'associe à l'appel de la LDH pour le 6 et le 7 septembre à Paris
Communiqué de la LDH et appel à rassemblements les 6 et 7 septembre 2025:
Pour le respect des droits fondamentaux du peuple palestinien et l’application sans réserve du droit international
La LDH (Ligue des droits de l’Homme) appelle à participer aux manifestations en soutien au peuple palestinien organisées les 6 et 7 septembre 2025 par les organisations syndicales CFDT, CGT, Solidaires et FSU.
A Paris, la manifestation unitaire partira de la place de la République le samedi 6 septembre à 14h. Nous appelons également au rassemblement sur la place du Panthéon le 6 septembre à 15h des Amis de Standing Together, mouvement judéo-arabe israélien pour la fin de la guerre et pour une paix fondée sur le droit des peuples à l’auto-détermination et l’égalité entre Israéliens et Palestiniens. Nous regrettons la simultanéité de ces initiatives.
En Israël, les manifestations se multiplient tandis que des organisations de la société civile et des objectrices et objecteurs de conscience combattent, dans un climat de répression accrue, la politique mortifère de leur Etat.
Ailleurs, des organisations ou des regroupements de personnes se réclamant de la judéité dénoncent les actes du gouvernement israélien et s’en désolidarisent « en tant que juifs et juives ». Il est insupportable d’entendre Netanyahou ou encore le chef de la diplomatie américaine assimiler la défense des droits des Palestiniennes et Palestiniens à de l’antisémitisme. La LDH dénonce tous ces amalgames comme ceux qui assimilent les personnes de confession juive à la politique criminelle d’Israël.
Non, le temps n’est pas à regarder ailleurs quand la vie d’un peuple est en jeu.
Révoltons-nous !
Paris, le 3 septembre 2025
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Vive la reconnaissance de l’État de Palestine!
Une Autre Voix Juive se félicite de la décision présidentielle qui annonce dès à présent la reconnaissance par la France de l’État de Palestine. Une Autre Voix Juive s’était, dès sa création, prononcée pour une telle décision, seule conforme à la tradition de notre pays et aux droits des peuples.
Les hurlements de l’extrême droite et de toutes celles et ceux qui soutiennent à voix basse ou haute la politique génocidaire du gouvernement israélien actuel viennent tenter d’amoindrir voire flétrir cette décision qui n’a que trop tardé.
L’État de Palestine comme celui d’Israël résultent d’une décision de l’ONU en 1948. La guerre déclarée à l’époque par une coalition d’États arabes empêcha la réalisation du premier d’entre eux et se conclut par un armistice qui ne régla rien. Cette guerre eut en outre comme conséquence la catastrophe qui frappa une première fois le peuple palestinien et conduisit à l’expulsion souvent contrainte de 700000 palestiniennes et palestiniens.
Il était donc plus que temps que notre pays mette en accord ses déclarations et ses actes.
Mais au-delà du symbole, hautement important, sa signification n’a pas échappé au gouvernement israélien. Il se débat dans d’insupportables dénégations: il voit ainsi sa politique mise en échec. A bon droit, une indignation mondiale sans précédent depuis la création d’Israël s'oppose à ses actes.
Il importe donc d’examiner de premières conséquences majeures de la décision française avant de considérer les suites nécessaires.
L’annonce présidentielle coïncide, et c’est tout sauf un hasard, avec l’annonce d’une nouvelle loi scélérate adoptée, à sa honte, par la Knesset, d’une prétendue annexion de la Cisjordanie, considérée jusque-là comme «territoire occupé». La décision de la France fait du territoire de la Palestine, aux termes des résolutions de 1967, un État sous occupation. Le quasi silence à ce propos des contempteurs de cette décision en dit long sur leurs «valeurs».
Ceci donne en retour de puissants moyens potentiels à une Autorité Palestinienne pour exercer en temps voulu sa souveraineté et permettre un cadre politique à l’exercice du droit du peuple palestinien à l’Autodétermination.
Cette décision majeure d'un membre du Conseil de Sécurité de l'ONU trouvera son expression complète lors de l’Assemblée Générale de l’ONU en septembre. Cependant elle ne règle pas en elle -même l’ensemble des questions que soulève le conflit du Proche -Orient.
Exerçant une pression politique essentielle sur ce que conduit le gouvernement fascisant actuel d’Israël, la France se devra de poursuivre avec détermination.
Le massacre de masse perpétré à Gaza par les forces armées israéliennes fait pâlir l’horreur du 7 Octobre. Il doit impérativement cesser : cela suppose non seulement une action politique vigoureuse mais si nécessaire la coercition exercée par les moyens de l’ONU.
En particulier, l’urgence est d’imposer l’arrêt de la famine organisée dans la bande de Gaza, le rétablissement de l’aide alimentaire sous l'égide de l’ONU.
Cela suppose que soient appliquées sans faiblesse les décisions de la Cour Internationale de Justice vis-à-vis des principaux responsables israéliens de crimes contre l’humanité, sans parler de la possibilité d’accusation de génocide.
Les tergiversations doivent cesser au sein de l’Union Européenne quant à la suspension de l’Accord d’Association UE-Israël.
Cette liste n’est pas exhaustive; d’autres forces que la nôtre s’emploient et s’emploieront à la compléter.
Le temps est peut-être venu de sortir enfin de la tragédie pour aller vers la coopération pacifique des peuples libres de la région.C’est à le faire advenir qu’il faut maintenant s’employer.
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Une Victoire démocratique appelant la plus grande vigilance
Grande figure de la gauche et du mouvement pacifiste israélien, membre éminent de la Knesset, Ayman Odeh est aujourd’hui menacé d’éviction de la Knesset par le clan fascisant au pouvoir en Israël.
Né en 1975 à Haïfa, Ayman Odeh dit de lui-même avoir «dépassé les limites religieuses et ethniques». Il parle 4 langues dont l’arabe et l’hébreu .
Ayman Odeh adhère au Parti MAKI (Communiste d’Israël) et représente le Hadash, liste judéo-arabe intégrant le Maki, au Conseil municipal de Haïfa entre 1998 et 2005. Il devient Secrétaire Général du Maki en 2006.
A l’initiative de la «Liste Unique» rassemblant le Hadash et 3 formations arabes, Ayman Odeh mène campagne en 2015 sur le thème «Un combat commun pour un avenir commun». La Liste dont il est la tête emporte plus de 10% des suffrages, 13 sièges à la Knesset. Compte tenu du climat d’hystérie suprémaciste, colonialiste, et d’extrême droite, c'est un résultat spectaculaire.
Tel est le parlementaire qui aujourd’hui se trouve accusé par la clique au pouvoir à Tel-Aviv, dirigée par un criminel de guerre aux termes de la Cour Internationale de Justice.
On lui reproche d'avoir dit «Je suis soulagé de voir les otages [israéliens] et les prisonniers [palestiniens] libérés. Nous devrons ensuite libérer nos deux peuples [israélien et palestinien] du joug de l’occupation. Nous sommes tous nés pour être libres». Tel est le prétexte pour menacer Ayman Odeh de destitution, ce qui ouvre la voie à l’exécution des menaces de mort qui lui sont adressées et à l'expulsion de tous les députés arabes de la Knesset. Il s’agit évidemment du symbole même d’une vague de répression visant le mouvement de la paix israélien dont il est une figure centrale.
Sont ainsi bafoués, une fois de plus, les principes fondateurs même de l’État d’Israël. Contenus dans sa Déclaration d’Indépendance, ils lui avaient permis de devenir membre de l’ONU; déclaration piétinée quotidiennement par l’occupation et les discriminations dont souffrent les citoyens et citoyennes israéliens d’origine arabe palestinienne.
Cette tentative révoltante, d’inspiration fascisante vient d’échouer: la motion d'exclusion n'a recueilli que 70 voix. Il en fallait réunir 90 pour qu'elle s'applique.
Ce succès démocratique appelle d’une part la plus grande vigilance de l’opinion progressiste mondiale; d’autre part il souligne l’importance du soutien des progressistes de notre pays aux forces de paix en Israël au lieu de les ignorer ou de les mépriser comme c’est trop souvent le cas.
Il faut placer Ayman Odeh sous la protection de l’opinion publique qui recherche avidement les conditions d’une paix Juste et Durable au Proche -Orient.
Nous demandons instamment aux instances les plus hautes de la République française de placer le parlementaire Ayman Odeh sous sa protection: il est impensable de défendre à Paris la solution des 2 Etats au Proche Orient et tolérer le contraire à Tel Aviv!
Nous demandons instamment aux plus hautes instances de l’Union Européenne d’intervenir auprès de l’État d’Israël pour que ce scandale cesse: il est impensable de défendre les droits humains fondamentaux à Bruxelles et de les laisser bafouer à Tel Aviv, capitale d’un État lié par le traité d'Association à l’Union Européenne et par le respect de ses engagements.