Non au délit d'opinion!
Criminaliser l'antisionisme menace les libertés démocratiques!
Une Autre Voix Juive s’élève avec force contre la tentative de criminaliser l’ "antisionisme" prétendu équivalent à l’antisémitisme.
Une Autre Voix Juive ne recourt jamais dans ses prises de position à une terminologie susceptible de plusieurs significations : il est notoire que l'"antisionisme" a servi et sert encore de véhicule à une expression antisémite. Mais ce terme est utilisé parfois aussi, y compris par certains compatriotes juifs, et de façon légitime, pour exprimer le rejet de son supposé contraire, à savoir le "sionisme", catégorie elle aussi sujette à des interprétations très variées. L’"antisionisme" peut vouloir refuser la prétention de la propagande dominante israélienne à représenter l’ensemble des Juifs du monde. Ce terme peut vouloir chercher à s’opposer à une interprétation abusive du "sionisme" selon laquelle il s’agirait de la réalisation d’un idéal progressiste.
Il est par ailleurs inadmissible que le terme "sioniste" soit utilisé comme une insulte.
Faire de l'"antisionisme" un délit constituerait une grave tentative d’introduire un délit d’opinion dans notre pays. Ses justifications ne font pas mystère de la volonté des forces qui en sont porteuses de chercher à légitimer par principe la politique israélienne, quelle que soit sa forme. Une Autre Voix Juive souligne que les tenants de la politique actuelle israélienne se réclament d’un "sionisme révisionniste" dont le fondateur L. Jabotinsky , était notoirement un admirateur du fascisme. Ses successeurs revendiqués comptent M. Begin, I. Shamir et aujourd’hui Netanyahou, Ben-Gvir et Smotrich ouvertement partisans du groupe fasciste du rabin Kahane.
Ce qui aujourd’hui est criminel est le soutien inconditionnel à la politique du gouvernement israélien actuel qui foule aux pieds la Déclaration d’Indépendance d’Israël, par laquelle il devint membre de l’ONU et qui stipule notamment: "L'État d'Israël…… développera le pays au bénéfice de tous ses habitants; il sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix enseignés par les prophètes d'Israël; il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe; il garantira la pleine liberté de conscience, de culte, d'éducation et de culture; il assurera la sauvegarde et l'inviolabilité des Lieux saints et des sanctuaires de toutes les religions et respectera les principes de la Charte des Nations unies."
L'antisémitisme est en France un délit. Criminaliser «l'antisionisme» , terme pourtant ambivalent, en ferait une terminologie de substitution à l’antisémitisme. Il y aurait là, de la part des promoteurs de cette modification législative, une tentative gravissime de déplacer la répression du délit d'antisémitisme vers une adhésion aux prétentions inacceptables de la politique de la droite israélienne.
Une Autre Voix Juive demande expressément à la représention nationale de refuser une telle mystification attentatoire de surcroît aux principes fondamentaux de la République Française .